Église Sainte Marthe des Quatres-Chemins Aubervilliers Pantin

Paroisse Ste Marthe des Quatre-Chemins
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Tirage de l’édition imprimée : 350 Exemplaires

12ème année avril 2005 Numéro 4

Pâques 2005

Dans le cadre de notre parcours, vous avez demandé à mieux connaître les autres communautés religieuses qui sont autour de nous. Alors que nous vivons le Carême, il y a quelques jours, nos frères juifs nous ont témoigné du contenu original de la fête juive de la Pessah (Pâques). Nous avons redécouvert le sens du « passage  » de Dieu « passant » par-dessus les maisons israélites, les libérant ainsi de la mort des premiers nés.

Mais, dans notre tradition, le propre fils de Dieu, « le premier né de toute humaine créature » (selon saint Paul) a souffert la mort. À cause de quoi ? pouvons- nous nous demander.

La liturgie de l’Eucharistie nous le rappelle : « mon corps livré pour vous, (...) mon sang versé pour vous... ». Quelle interprétation pouvons-nous donner à l’expression « pour vous » ?

Il y en a qui pensent que « pour vous » signifie « à votre place ». Ils imaginent une grande représentation dans laquelle Dieu jugerait toute l’humanité. Il trouverait cette humanité vide et sans valeur. Alors, Dieu, en envoyant son Fils, en lui faisant subir la condamnation de l’humanité, en le contemplant « à notre place » serait saisi de pitié et donnerait alors à tous abondamment son pardon.

Il y en a qui pensent que « pour vous » signifie « en votre faveur ». les mauvaises actions des hommes exigeant des réparations, Jésus serait alors prêt à se sacrifier pour nous rendre purs et aussi pouvoir, à nouveau, vivre l’alliance avec le Père.

Il y en a qui pensent que « pour vous » signifie « à cause de vous ». Il est bien clair que Jésus souffre à cause de nous : Pilate, les membres du Sanhédrin, les disciples qui l’abandonnent, le peuple qui l’insulte et même un condamné à mort comme lui qui le bafoue. Alors, c’est nous qui lui infligeons cette mort et, en elle, combien de morts semblables !

Il y en a qui pensent que « pour vous » signifie « tenir compte de vous ». C’est à dire que si nous n’y avions pas notre part, la Pâque serait vide de signification. Dieu n’avait pas besoin de cela pour connaître l’amour de son fils qu’il connaissait depuis l’éternité. C’est donc bien nous qui devons nous ressourcer de son amour pour libérer à notre tour comme nous avons été libérés.

Il y a des regards sur Pâques qui nous impliquent plus que d’autres. En tout cas, avec les Juifs, nous pouvons dire : « Dieu passe » quand « l’homme vit ». Et dans le Christ, nous pouvons affirmer que seul l’amour « pour tous, sans exclusion » est digne de foi. Et nous alors ?

Père Charles

À ne pas manquer en avril...

Au cours des Messes des dimanches de Pâques, le texte de l’Évangile vous sera distribué afin que vous puissiez souligner une phrase qui exprime votre perception et la commenter en petit groupe. C’est encore une des manières d’accomplir les propositions de notre parcours qui demandaient une plus grande relation entre les membres de notre communauté.

Rencontre avec... la solidarité

Sur les chemins rocailleux de la vie, nous rencontrons chaque jour « la misère du Pauvre » sous toutes ses formes. Nos journées les plus radieuses se trouent alors de grisaille et nous empêchent d’être pleinement heureux.

Le pauvre que nous croisons, que nous visitons, a souvent vécu une « floraison » d’échecs, d’épreuves, d’erreurs... Ce n’est pas toujours facile de regarder les marbrures de son visage, de reconnaître la beauté confondante de son sourire, la qualité de sa simplicité dépourvue d’embarras. Pourtant, comme nous tous, le Pauvre a besoin d’écoute, d’affection, de considération. Comme dans toute relation d’amour, c’est la persévérance qui demande le plus d’efforts.

Ne jamais craindre d’y réfléchir souvent en étant indulgent envers ses premières erreurs de comportement. Nos erreurs, si nous les méditons avec Jésus, nous feront progresser dans la connaissance du malheureux avec, en prime, beaucoup d’humilité au regard de nos propres pauvretés.

Le monde de la grande misère est féroce, implacable. Au fil des jours, nous découvrons que Dieu nous parle dans chaque déshérité. Donner de l’amour libère, apporte un bonheur très pur, uniquement comparable à l’amour dont le Seigneur réjouit notre cœur.

Dépouillé du superflu et surtout du nécessaire, le Pauvre nous dévoile d’immenses ressources, de véritables trésors d’humanité, si nous savons le contempler : Irène, clocharde, nous disait « Je me suis toujours occupée des autres, je n’ai pas l’habitude que l’on prenne soin de moi ». Très cultivée, elle ne demandait que du papier et des crayons ! Nous n’avons jamais vu un petit chien aussi joyeux que celui de Pierrot et Boris, tous deux sans domicile fixe...

Enfin, un jour, nous avons réalisé qu’ils réclament surtout qu’on les considère « normalement », ni plus ni moins. Ainsi, nous les réhabilitons dans la mouvance de notre société ordinaire. Avec ces frères, nous comprenons que le bonheur n’est pas la richesse, que les sentiments sincères sont des baumes efficaces, que l’intérêt et l’envie qui mènent le monde ne les habite pas, ou plus, que l’injustice et le malheur n’ont vraiment pas « de loi ».

En mettant l’homme et les valeurs humaines au-dessus de tout, notre enthousiasme de la vie en Dieu ne faiblira jamais.

« L’amour est comme une rivière qui coule, forte et tranquille, sans interruption, sans heurts en dépit de chutes et de cascades. Mais l’arrivée à l’océan est toujours paisible ». (C. Hermary-Vieille, écrivain).

Groupe Communication.

Par le Secours Catholique, je suivais M., maman de trois enfants qui partaient régulièrement en Accueil Familial Vacances dans le Midi de la France. Je me souviens surtout d’une nuit critique où j’ai dû improviser un hébergement chez moi ; le papa malheureusement alcoolique ne se contrôlait plus et battait ses petits.

Et puis un jour, à cinq heures du matin... le téléphone sonne ! M. affolée me dit : « Je crois bien que mon mari est en train de mourir ». Immédiatement, je lui conseille d’appeler un médecin par l’intermédiaire du commissariat et de joindre un membre de la famille de son mari. Je l’assure de ma venue dès que possible, le temps de m’organiser (ma sœur malade et impotente ne pouvant rester longtemps seule).

À mon arrivée, le mari de M. avait trépassé ; un de ses neveux était présent, la police également - le papa ayant eu précédemment à faire à elle à plusieurs reprises. Le corps a été transporté à l’Institut médico-légal pour enquête et, par la suite, l’ambassade s’est occupée de toutes les démarches pour les obsèques de l’autre côté de la Méditerranée.

Un soutien spontané et chaleureux a été apporté à cette famille désorientée par le décès brutal du papa. Pendant une journée, il a fallu débroussailler une valise pleine de papiers, les remettre en ordre afin de préparer des dossiers solides pour les différentes administrations susceptibles d’apporter les indemnités mensuelles nécessaires à M. pour faire vivre les siens.

Ce qui m’a émue, c’est la confiance très importante qui, avec les années, s’était, sans bruit, installée entre M. et moi. Cette confiance a permis d’éviter une précarité plus grande à cette famille déjà bien éprouvée. Cette confiance, il faut la gagner, petit à petit. À l’heure actuelle, étant donné le nombre croissant de familles démunies et le peu de bénévoles disponibles, il faut beaucoup de persévérance et d’amour pour faire face aux appels de détresse incessants.

Témoignage d’un membre du Secours Catholique.

Première rencontre Judéo-chrétienne

Cette rencontre judéo-chrétienne a eu lieu le 7 mars et a rassemblé des paroissiens de Sainte Marthe et de Notre-Dame des Vertus, dont le Père Michel.

Accompagné de son épouse, de Monsieur Cyril Elcabach, président de la Communauté Juive de Pantin et en présence de Monsieur Marcel Selbam, représentant de la Communauté Juive d’Aubervilliers venu avec cinq autres membres, Monsieur Abraham Malthète, membre éminent et érudit de la Communauté Israélite de Pantin et conservateur de la Bibliothèque Juive de Paris nous a expliqué, parfois avec humour, « Pessah » fête de la Pâque.

« Pessah » signifie « passage par-dessus », « sauter ». Au cours des siècles, le concept a évolué sur le plan linguistique (« Passera », « Pascha », « Pasqua ») pour arriver à « Pâque ».

« Pessah » est une des trois fêtes annuelles de pèlerinage au cours desquelles les Juifs devaient monter au Temple. Au temps de Jésus, il y avait trois formes de liturgies : la liturgie du Temple (sacrificielle), la liturgie familiale (repas) et la liturgie de la synagogue (prière et étude). Les deux dernières sont encore pratiquées dans le judaïsme actuel. Instituée la nuit de la dixième plaie, la Pâque est une fête pastorale et agricole, un évènement de l’histoire du Salut qui commémore l’Exode ou la sortie d’Égypte. Cette fête, qui dure sept jours est célébrée le 15 du mois de Nisân. L’évènement le plus remarquable de la célébration a lieu dans la maison familiale le soir du 14 de Nisân, lors du Seder, ou repas, au cours duquel on lit un texte liturgique appelé Haggada, et qui est entrecoupé de différents rites et prières que Monsieur Malthète nous a expliqués en détail, ... ce qui nous a beaucoup intéressés (sur les rituels, voir notamment, Exode 12.11-27, Deutéronome 16.1, Josué 5.10, 2e livre des Rois 23,21...).

La soirée, que nous aurions volontiers prolongée, s’est terminée par un pot amical au cours duquel chacun a pu échanger ou poser des questions aux représentants des Communautés Juives de Pantin et d’Aubervilliers.

Nous espérons bien poursuivre cet échange pour mieux connaître leur liturgie et pouvoir faire une comparaison avec la Célébration Eucharistique.

Quand l’espérance s’invite au Mouvement Chrétien des Retraités (MCR)

Pour nous aider dans notre cheminement vers Pâques, une journée de récollection nous a été offerte, le 10 mars à Saint André de Bobigny, de 10h à 15h30. Nous étions peu nombreux de Sainte Marthe, la grève des transports en étant sans doute la cause.

Après un accueil café « sympa » par l’équipe de Bobigny, le Père Charles nous a éclairés sur le thème de l’Espérance qui traverse notre vie toute entière.

Oui à l’espérance, car c’est notre foi. Dans la lettre à Timothée (1Tm 1.1), Saint Paul nous dit « que c’est le Christ notre espérance ». Et dans la première épître aux Colossiens (Col 1.27), « à cause de l’Espérance qui vous attend dans les cieux... cette espérance vous a été annoncée par la parole de vérité, l’Évangile qui est parvenu jusqu’à vous ». Oui, non à l’espérance. Nous sommes des hommes et des femmes de différentes cultures et nous baignons dans cette culture sans espérance. À cause du monde actuel que nous acceptons trop facilement et qui nous conduit à l’apathie et au fatalisme, nous sommes entraînés dans un mécanisme où l’on nous dit que c’est le progrès. Oui à l’espérance. Nous sommes des chrétiens, c’est-à-dire des hommes d’espérance. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités et travailler à faire changer cette civilisation désespérée. Pourquoi ne pourrions-nous pas essayer de transformer le monde autour de nous ? Pour cela, il faut que notre dire et notre faire soient cohérents. Nous sommes à la fin des derniers temps ; c’est le temps où Dieu se révèle à nous. Il nous montre son Amour. Il nous faut nous fier à cet Amour qui résiste au-delà du temps. Il doit nous amener à des gestes tels que ceux que nous côtoyons puissent nous croire.

Après un repas partagé, nous avons prié en silence devant le Saint Sacrement. La célébration de la messe et un second entretien du Père Charles (homélie) ont terminé cette journée de récollection.

Merci à l’équipe de Bobigny de nous avoir si bien accueillis.

Un membre du MCR

Le coin des jeunes... Grandir dans la foi, comment ?

Cher jeune,

Encore une fois, je suis au rendez-vous pour notre entretien mensuel. J’espère que tu as passé une joyeuse fête de Pâques en famille et avec tes amis. Que le Christ ressuscité t’accorde paix, joie et grâce.

Le sujet sur lequel je voudrais t’entretenir cette fois-ci est assez complexe. Il s’agit de ta foi. Je ne vais pas t’embarquer dans une définition de la foi, ce n’est pas le but de mon propos. Mais je te dirai tout simplement qu’il s’agit de ta relation à Dieu, de sa place et de son impact dans ta vie.

T’es-tu déjà posé cette question : « Comment, moi, jeune catholique d’aujourd’hui, puis-je progresser dans ma foi ? ». Il faut avouer que la réponse n’est pas facile à trouver. Même pour moi, prêtre, qui te parle à travers ces lignes. Néanmoins, je vais essayer d’y réfléchir avec toi.

La foi est à la fois personnelle et communautaire. Personnelle parce que c’est toi qui es engagé personnellement dans cette aventure avec Jésus-Christ. Communautaire parce que ta foi est celle de l’Église et que c’est aussi avec les autres chrétiens que tu suis le Christ.

Si tu veux grandir dans ta foi, je crois qu’il faut, avant tout, que tu acceptes de l’assumer entièrement. Je m’explique. Partout où tu es, tu ne dois pas avoir peur ni honte qu’on sache que tu es chrétien. Cela t’arrive-t-il parfois ? Tu dois te sentir libre d’affirmer ta foi, mais dans le respect de celle des autres. Croire en Jésus-Christ est libérateur. Si tu te sens à l’aise dans ta foi, elle ne peut que grandir, et toi avec. Dans ta vie de tous les jours, quelle est la place que tu donnes à Dieu dans tout ce que tu fais ? Fait-Il partie de tes projets ? S’Il en fait partie, tu es sur la bonne voie. En effet, croire c’est aussi mettre Dieu au cœur de ta vie. S’il en est ainsi, ta vie se déroulera à la lumière du Christ. Croire et grandir dans la foi, c’est aussi réagir en chrétien au collège ou au lycée, parmi tes amis, devant certaines situations. Avec l’Évangile, la loi de la masse ne prime pas. Il faut agir selon ta conscience et ta foi en l’Évangile de Jésus-Christ. Encore une fois, soit libre. Ta maturité d’homme de foi est aussi à ce prix. Tu seras alors vraiment un témoin privilégié du Christ.

Comme tu as besoin de manger pour vivre, la foi a aussi besoin d’être nourrie. Elle se nourrit dans la prière. Alors pries-tu ? Et comment ? Quel est le contenu de ta prière ? Prier, ce n’est pas répéter des formules toutes faites. Prier c’est parler à Dieu. Alors parle-lui avec ton langage, ton vocabulaire et tes mots de jeune. Même si c’est de l’argot. L’essentiel est que tu t’y retrouves. La prière par excellence du chrétien, c’est l’Eucharistie. C’est elle qui rassemble la communauté, c’est elle qui la porte, qui te porte et te permet de vivre aussi ta foi en Église. Quelle importance a-t-elle pour toi ? La laisses-tu tomber parfois pour tes besoins personnels ? Révise ton échelle des valeurs. Arrête-toi de temps en temps pour faire le point.

La foi se nourrit aussi de la Parole de Dieu. T’arrive-t-il, en dehors de l’aumônerie et de la messe, de lire et de méditer des passages de l’Évangile ? Je n’irai pas plus loin dans mon propos. Tu as ici assez de matière à réflexion. À toi de réagir si tu veux grandir dans ta foi. Ce n’est pas facile certes, mais avec la foi, on peut soulever des montagnes. À toi de jouer, le Seigneur est toujours avec toi.

Père Marius Coly

12 conseils pour garder la joie de vivre (suite)

  1. Ne regarde pas chaque jour ceux qui sont au-dessus. Regarde aussi ceux qui sont en dessous, ceux qui ont moins de chance que toi.
  2. Ne cours pas chaque jour derrière la quantité mais recherche la qualité. Le bonheur n’est pas seulement dans les choses mais dans les êtres.
  3. Quand il fait nuit dans ta vie, n’oublie pas qu’il n’y a jamais de nuit sans aurore et que le soleil finit toujours par revenir après la pluie. Souviens-toi qu’il y a aussi la Grâce de la nuit.

... la fin au prochain Écho...

Pour prier et pour penser...

Envoie-nous des fous
Ô Dieu, envoie-nous des fous, qui s’engagent à fond, qui oublient, qui aiment autrement qu’en paroles.
Qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout.
Il nous faut des fous, des déraisonnables,
des passionnés capables de sauter dans l’insécurité,
l’inconnu toujours plus béant de la pauvreté.
Il nous faut des fous du présent épris de vie simple,
amants de la paix, purs de compromissions,
décidés à ne jamais trahir, méprisant leur propre vie,
capables d’accepter n’importe quelle tâche,
de partir n’importe où : à la fois obéissants,
spontanés et tenaces, doux et forts.
Ô Dieu, envoie-nous des fous.

Père Louis Joseph Lebret


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